Une petite nouvelle écrite à la "va-vite"...inspirée de l'univers de "Bite Fight...Je voudrais la dédier à "Madame la Comtesse" (qui se reconnaîtra ^^) que je connais depuis 1an maintenant, et qui a, me semble-t-il, apprécié cet écris...Voilà :
Innocence...
Les bruits de sabots résonnant sur les pavés cessèrent alors que les cavaliers pénétraient dans les bois, par un ancien sentier boueux. Les chevaux ne ralentirent pas, maintenant la cadence en entrant dans la forêt maudite de Luthendorf, ce qui étonna un tant soit peu les roturiers qui tentaient de suivre les chevaliers à pied. En effet, il était rare qu'un destrier ose pénétrer dans cette forêt sans rechigner. Cela prouvait peut-être la force de leurs maîtres, les montures avaient semble-t-il toute confiance en eux.
Le seigneur Konrad Von Ditherburg, voyant la suite de gueux qui le suivaient traîner le pas, fit un signe de la main, et ses quatre acolytes firent ralentir leurs montures. Se retournant vers les paysans qui étaient, soit disant, chargés de l'escorter lui et ses hommes jusque de l'autre côté de la forêt, il les apostropha :
« Qu'avez-vous ? Pourquoi ralentissez vous ?
-C'est que...seigneur...vous qui n'êtes point d'ici...ces bois sont maudits ! On y rentre, mais on n'en sort pas ! Et si...
-Et si quoi !?! Avancez ou vous serez pendus ! Bande de couards ! Si vous n'avancez pas, vous ne craindrez bientôt plus que mes chevaliers, et moi-même !
-Bien sir » répondit un des paysans.
Ces-derniers rattrapèrent alors les cavaliers en courant, et se placèrent autour d'eux, observant dans toutes les directions. Le groupe se mit en marche...
Après quelques dizaines de minutes de marche forcée, la cohorte arriva dans une clairière. Au centre de celle-ci se tenait un immense arbre mort, entouré de débris. Le noble Konrad, en tête de marche, ordonna de se diriger vers ce qui semblait être les restes d'un campement. Quelques paysans grincèrent des dents à l'approche de l'arbre mort, qui dégageait une aura de ténèbre. Dans son écorce, l'on pouvait voir se dessiner de nombreux visages grimaçants de manière vicieuse ou se tordant dans une expression de douleur inhumaine. La légère angoisse qui avait saisit l'escorte du seigneur Konrad se transforma soudain en terreur, quand leurs yeux se posèrent sur le sinistre spectacle qui s'étalait devant eux. Des cadavres...partout, démembrés, gisant au milieu d'une mare de sang et de trippes. Un tel avait les os broyés, et ne ressemblait plus qu'à un pantin désarticulé, un autre, éventré, laissait couler ses intestins le long de ses jambes, tandis qu'une des branches de l'arbre mort dépassait de son thorax.
Les serfs restèrent tétanisés, devant tant d'horreur. Un des leur put juste trouver la force de s'écrier :
« Nom du ciel ! »
Les chevaliers, eux, restèrent de glace à la vue du carnage. Un des apprentis de Konrad avait même sourit sadiquement devant cette boucherie.
« Ernest ! Veux-tu cesser de sourire ainsi...ce n'est pas le moment ! s'exclama Konrad, Va donc plutôt regarder par là bas ! Il me semble qu'il y a quelque chose de vivant. »
Le paladin s'avança alors vers une sorte de fossé, à quelques mètres du charnier. Là, il découvrit, au milieu d'un amoncellement de restes humains, animaux et autres, une jeune fille ; d'environ 15ans, aux cheveux brun, toute tremblotante. Il lui fit signe de sortir, mais la terreur semblait l'avoir assourdie. Il mit pied à terre, et aller la chercher. Ses vêtements blancs étaient déchirés en de multiples endroits, et laissaient voir sa peau diaphane. Elle était aussi recouverte de sang, et ne prononça aucun mot.
Ernest, le chevalier à l'armure noire emmena la frêle jeune fille devant son suzerain. Celui-ci ordonna que l'on fasse une pause pour la nuit à quelque mètres de là. Un campement de fortune fut dressé, et bientôt, les villageois se retrouvèrent tous autour d'un feu, à manger du pain rancit et à boire de l'alcool de mauvaise qualité. La petite fille était interrogée par Konrad pendant que ses quatre apprentis montaient la garde.
« Alors petite ! Qu'est-ce qui s'est passé là bas...prêt de l'arbre ?
-Mort ! Mort ? Papa ! Il...où est-il ?
-Ton Père est mort ?
-Non !...Papa ! Il...m'a laissé !
-Je vois...tu ne l'as plus vus c'est ça ?
-...oui...il a disparut...il m'a laissé avec la nourriture...et...il y a eu des cris !...Papa !! »
La petite fille appelait son père en vain. Comprenant qu'elle était encore sous le choc, Konrad la laissa se reposer, du moins...pour le moment.
* * *
Konrad avait soif ! Mais il devait se retenir...les quelques paysans qu'il ramenait à son château devaient être tous livrer pour la première lune du neuvième mois, pour la nuit du Sang...Ainsi, lui et sa lignée seraient bénis des Dieux pendant une année supplémentaire. Plus que quelques kilomètres de marche le lendemain, et et ils seraient rentrés, le bétail humain avec eux.
Pensant au festin qui s'annonçait, Konrad Von Dïtherburg serra son poing...il avait soif ! Vraiment soif ! Et il était entouré de proie...en plus de la jeune fille...
« J'espère qu'aucun de mes idiots de rejetons ne s'en prendra à nos provisions ! C'est bien trop important ! Et cette petite fille pourrait peut-être devenir une des nôtres...les Dieux ne l'ont sûrement pas placée sur ma route pour rien...elle a l'air d'avoir du potentiel, elle a le même regard qu'Ernest il y a quelques décennies de ça...Attendons demain soir, nous aviserons. »
* * *
«Ils dorment tous...Ho ! Il ne m'en voudra pas...elle est en trop, elle n'était pas prévue...Il restera tout les autres gueux pour la nuit du Sang, la petite n'est qu'un bonus non ?... »
Tout en s'interrogeant, Ernest pénétra sous la tente qui abritait la jeune fille. Lentement, silencieusement, il s'en approcha. Un amas de draps, vêtements et autres tissus la recouvrait...bientôt, il mordrait son cou si fragile, et se régalerait de son sang. Il souleva alors brusquement les pièces de linges.
Vide ! Surprit, le vampire ne se rendit compte de la présence dans son dos seulement quand il sentit de puissantes mâchoires se refermer sur sa nuque.
* * *
Un hurlement fit surgir Konrad de son abri. A l'extérieur, tout était semblable au carnage dans la clairière. Les corps des paysans étaient totalement brisés et ensanglantés. Il était évident que ce n'était pas l'œuvre de ses élèves ! Ils n'auraient pas osés ! C'étaient autre chose. Il chercha ses fils du regard. Aucun n'était en vue. Jusqu'à ce qu'il entende un bruit de métal...un homme en armure tombant au sol. Il sauta d'arbre en arbre, grâce à ses dons vampiriques. Il s'arrêta quand il la vit...La jeune louve-garou était en train de se repaître des restes d'un de ses suivants. L'hybride portait des vêtements blancs, déchirés en de maintes endroits...la petite !
Sortant de sa cachette, Konrad lui lança :
« Tu nous a bien roulé ! Monstre ! Mais maintenant apprête toi à affronter un véritable chevalier Vampire ! Je vais te faire regretter de t'être payé ma tête !
-Mais...je ne fais que ce qu'il m'a dit de faire ! »
Sans attendre, le vampire se jeta à l'assaut, sortant son épée de son fourreau. En une fraction de seconde, il était sur la jeune louve, et arma une frappe verticale. L'hybride esquiva prestement, avant de bondir à sa gorge ; mais d'un coup de poing gantelet de métal, le vampire la repoussa. Elle chuta au sol, sonnée par la violence du coup. Konrad leva sa lame au dessus de la tête de son adversaire, il allait porter le coup de grâce...Quand une voix caverneuse surgit derrière lui :
« Tu t'es bien battu...Mais celui là est peut-être un peu trop coriace ! »
Le suceur de sang, étonné, ne détourna pas son regard de celle qu'il voulait achever, quand elle s'écria :
« Papa !! »
A cet instant, Konrad ferma les yeux...à jamais.