Ce que je vais dire va paraître très c*n :
Je n'aime pas les vacances
C'est vrai...mais je n'aime pas non plus les périodes scolaires.
Ces-dernières ont au moins un mérite, elles nous permettent de voir nos amis, et de faire des connaissances.
Les vacances, dans le principe, le fénéant que je suis en est fanatique...des journées entières à pouvoir consacrer à ce qu'on aime (musique, ciné, lecture...) et avec ceux qu'on apprécie. Il y a cependant un léger détail, qui gâche ces doux moments de "fare-niente" ou d'agréables occupations : l'Ennui !
Il est un mal qui accable tout le monde. Vous qui lisez ces écrits, pensez au nombre de nuits où vous vous êtes endormis en ayant rien fait de concret du jour s'achevant. N'est-ce pas déroutant ?
J'entends déjà les médisances de certains, trop sûrs de l'importance de leur existence : "Ho ! Le pauvre, il s'ennuie ! Ben trouve une occupation idiot !"
Haha ! A ceux-là, je ne dirai qu'une chose : J'essaye, chaque jour que Dieu fait. Mais, ça va au-delà de la simple occupation. On peut s'occuper, mais s'ennuyer tout de même.
Ce n'est pas le pire pourtant. L'ennui a une alliée : la Cogitation.
En effet, quelle est la seule et unique chose que l'ont fait en permanence, et que l'on ne peut stopper ?
...Non, ce n'est pas les battements cardiaques, même si ça correspond, c'est la pensée. Et l'imagination ne s'ennuie jamais ! Toujours, elle trouve de sombres images, de mauvais souvenirs, d'inquiétants présages, dans le but de renforcer l'ennui. Elle parvient à faire douter de tout. "Ai-je fait de bons choix ? De quoi sera fait demain ? Vais-je réussir ? Coca ou Pepsi ?"
Quand on s'ennuie, on est seul, et on pense à notre place, ce que l'on vaut, ce que l'on a fait de bien, ou de mal.
Hier soir par exemple, première soirée étudiante. En fait, première soirée en compagnie des camarades de classe de mes amis, tous sympa et tout...mais, j'étais au milieu, ça riait, ça parlait, et rien. Je n'étais pas à ma place. Ils parlaient de sujets que je ne connais pas. Ils avaient des comportements que je ne comprends pas, ou pire, que je condamne. (Je précise que je ne parle pas forcément des gens à notre table.)
L'an dernier, au lycée, je me sentais encore comme un "gamin", évitant de traîner avec des étudiants que je trouvais décadents et grégaires. Voilà qu'un an après, c'est en train de changer, je deviens une de ces personnes que je méprisais (oui, j'ose le dire !), et ça me fais peur...J'ai toujours eu l'impression de ne pas être né à la bonne époque, et j'espère que cette foutue époque ne me changera pas, sans que je le veuille...
Dans la ménagerie infâme de nos vices,
II en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
[...] C'est l'Ennui !
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal